Denis LABAYLE

Denis Labayle, écrivain et médecin, est l’auteur d’essais, de nouvelles, de romans, ainsi que de tribunes dans des quotidiens nationaux. Certains de ses essais sont devenus des références comme La vie devant nous (Seuil), Tempête sur l’hôpital (Seuil) et Pitié pour les hommes (Stock). Il a écrit huit romans dont plusieurs ont été salués par la critique et sélectionnés pour des Prix littéraires dont Cruelles retrouvailles (Julliard, Prix des Mots Doubs 2002, Prix Littré 2003), Parfum d’ébène (Julliard, Prix du Lions club 2004), Rouge majeur (Dialogues, Prix des lecteurs de Brive 2009), Noirs en blanc (Dialogues, Prix Armorice 2013). Son dernier roman, Correspondance Châtelet (Glyphe), est paru en septembre 2017.

La nouvelle

Abidjan Paris Abidjan

Denis LABAYLE Sofitel Abidjan Hotel Ivoire

Ce soir-là, Abidjan s’était mis au reggae. Sans l’invitation de Pierre, un journaliste de Radio Côte d’Ivoire, je serais passé à côté de ce festival. Il m’avait convié la veille à son émission « On dit tout » pour présenter mon roman Noirs en blanc, une saga sur la fuite des cerveaux d’Afrique. Grand, mince, le regard malicieux, les cheveux coupés à ras pour, disait-il, masquer sa chevelure grisonnante auprès des femmes, il m’avait interviewé plus d’une heure, dans une atmosphère mêlant sérieux et plaisanteries. On en était sorti presque amis, et sa proposition d’assister à un concert de reggae m’avait enthousiasmé. Le clou de la soirée était, selon lui, la présence d’un chanteur en vogue. Une gloire récente, encore inconnue l’année précédente. Pierre vint me chercher vers 21 heures à l’hôtel Ivoire où je séjournais. Le plus sélect de la ville, une tour majestueuse de vingt-six étages, située dans le quartier Cocody et dominant la lagune. Dans le noir de la…

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Le concert Luxembourgeois

Denis LABAYLE Sofitel Luxembourg Le Grand Ducal

Je ne connais rien du Luxembourg et pourtant, je le sais, sa capitale m’attend. Dans le hall de la gare, je découvre l’affiche annonçant le concert du lendemain à la Philharmonie, une salle devenue en cinq ans l’une des plus renommées d’Europe. Mon nom, Jean Kervenec, y est inscrit juste au-dessous de celui du grand Michäel Sterner. Bien sûr, le mien en petites lettres, le sien en majuscules, mais combien de musiciens parmi les plus illustres rêveraient d’être à ma place ? Cette invitation, c’est ma récompense pour le prix des Grands Amateurs. Je l’ai remporté la veille de mes vingt ans. C’est étrange, je lis et relis sans savoir exactement ce que je ressens. Un trouble mélange d’incrédulité, d’orgueil et d’inquiétude. Que de travail, d’angoisse, d’espoir et de désespoir pour avoir le droit de jouer trente petites minutes en première partie d’une célébrité ! Une femme et un homme, vêtus de brun, interrompent ma réflexion. Elle me souhaite la…

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