Dominique FERNANDEZ

Dominique Fernandez est ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé d’Italien (1955). Il devient en 1957, professeur à l’Institut Français de Naples. Il soutient sa thèse sur L’Échec de Pavese, et est nommé professeur d’italien à l’université de Haute-Bretagne.
Depuis 1958, il mène carrière d’écrivain et de critique littéraire, d’abord à la Quinzaine Littéraire, et à L’Express, puis au Nouvel Observateur.
En 1974, Porporino ou les Mystères de Naples est couronné par le Prix Médicis. Ce roman met en scène, un castrat napolitain au XVIIIe siècle. Une fresque colorée qui offre une pluralité de lectures, historique, idéologique et freudienne. De ce roman a été tiré un opéra, joué au festival d’Aix-en-Provence. Dominique Fernandez a inventé la « psychobiographie » utilisée déjà en 1967.

La nouvelle

Santa Clara

Dominique FERNANDEZ Sofitel Santa Clara Carthagène

À tout hasard, j’avais demandé, pour conclure le repas de bar mariné au citron et de ravioles de crabe, un amaretto. Cette liqueur douce, au goût d’amande, ne se trouve que difficilement à Paris. La probabilité d’en obtenir à Cartagène, en Colombie, à douze heures d’avion de Rome, me paraissait nulle. Cartagena de Indias, nom qui intrigue moins par son exotisme qu’il ne chante comme une incantation. Cinq minutes après, le serveur apportait un plateau sur lequel étaient disposés un grand verre ballon vide et un petit verre cylindrique plein d’une dose de la liqueur demandée. Il versa le contenu du petit verre dans le grand, le bras gauche replié dans le dos, repartit avec le petit verre sur le plateau. Les jours suivants, même cérémonial : grand verre ballon vide, petit verre cylindrique plein, transvasement de l’un dans l’autre, en gestes lents, appliqués, identiques d’une fois à l’autre. Le serveur changeait, non le rituel, invariable. « Mais pourquoi, demandai-je à…

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