Zoom sur

Le collectionneur

Par Patricia REZNIKOV Sofitel Bruxelles Le Louise

L’appel téléphonique eu lieu un soir, alors que je prenais un verre dans ma chambre. Je sortais de la douche et j’étais en peignoir.

La réception me passa l’appel.

Une voix de femme, à la fois douce et lointaine, comme absente, m’a salué.

–   Bonsoir, est- ce que je m’adresse bien à Alexandre Breton ?
–   C’est moi- même.
–   Je me permets de vous appeler pour vous signaler quelque chose.
–   Je vous écoute.
–   Voilà. Vous êtes attendu cette nuit dans le jardin du Sablon, à onze heures. Interloqué, j’ai laissé passer quelques secondes de silence. La voix féminine s’est inquiétée.

–   Vous êtes toujours là ?

–   Il semblerait, oui.

–   Vous êtes bien Alexandre Breton, collectionneur ?
–   Jusqu’à preuve du contraire…

–   Bien. Alors sachez qu’on compte sur vous. Jardin du Sablon, cette nuit, onze heures. Je me suis ressaisi.

–   Mais qui êtes- vous ?

–   Mon nom ne vous dira rien. Incroyable, me suis-je dit, exactement comme dans ces stupides séries policières !

–   Essayez tout de même.

–   Miranda. Miranda Mirror.

–   Non, en effet, votre nom ne me dit absolument rien. Et d’où m’appelez-vous ?

–   Mais de Bruxelles, bien sûr. Nous ne sommes pas très loin…

–   Mais… Tout à coup je n’ai plus rien trouvé à dire. Cette conversation était absurde. La voix de la femme paraissait provenir d’une autre galaxie, elle s’incarnait à peine. Comme une voix fantôme qui appellerait du passé. Comme une chanson sur un vieux disque usé qui convoquerait de vieux souvenirs incertains, tremblotants.

Alors que j’allais essayer d’ajouter quelque chose, la voix est revenue un bref instant.

–   N’oubliez pas surtout. Cette nuit, onze heures.

–   Je ne sais pas… Qui me dit que…

–   N’oubliez pas… Et la femme a raccroché. Je suis resté un instant ahuri, le combiné dans la main, puis j’ai raccroché à mon tour. J’ai fini mon verre et je me suis habillé. Puis je suis descendu. J’étais dans un état d’esprit étrange. Je n’avais aucunement l’intention de donner suite à cette histoire et pourtant mes pas m’ont conduit dans le lobby. À la réception, j’ai posé des questions bizarres. L’hôtel pouvait-il retrouver l’identité d’une personne après un appel ? Le jardin du Sablon n’était-il pas fermé le soir? Quelles étaient les prévisions méteo pour cette nuit ? Y avait-il des sociétés secrètes à Bruxelles ?

Le concierge ne s’est pas départi de son calme et de son amabilité. Il devait en avoir entendu d’autres. Il m’a répondu avec un flegme et une précision admirables, mais je n’ai même pas écouté les réponses. Dans un état d’agitation indéniable, je l’ai remercié et suis sorti, direction le centre-ville. Il était neuf heures. Comme j’étais à Bruxelles quelques jours pour affaires, j’étais descendu dans mon hôtel préféré, dans le quartier Louise. Il était merveilleusement situé et sa décoration poétique et élégante me plaisait. Je me retrouvai dehors. Nous étions en janvier, il faisait nuit depuis longtemps. Je relevai le col de mon manteau, traversai le boulevard de Waterloo, pris la rue du Grand Cerf, puis la rue aux Laines. Mon idée, si tant est que j’en ait eu une, était d’aller manger un morceau au Sablon avant de revenir sur mes pas jusqu’au jardin, à l’heure exigée. Mais avais-je seulement décidé quoi que ce soit ? Qui, en moi, obéissait à l’injonction mystérieuse ?

 

Mais finalement je changeai d’avis et poussai jusqu’à la Grand-Place. Elle était quasi déserte, comme un grand théâtre vide. J’errai dans les rues avoisinantes, puis le froid me fit entrer dans un estaminet où je commandai une bière pour tuer le temps. À dix heures et demi, je me levai et me remis en marche en sens inverse, vers le Sablon. Lorsque j’arrivai devant le jardin, les grilles semblaient fermées. Bien sûr, me dis- je, comment pourrait- il en être autrement ? Mais de façon tout à fait illogique, je poussai sur les grilles d’une main. Elles s’ouvrirent. Presque effrayé, je les refermai derrière moi. Le silence et l’obscurité du lieu me saisirent. J’avançais sur le chemin bordé de massifs à la française. J’arrivai à la fontaine aux Comtes d’Egmont et de Hornes. Le bassin était muet, hormis le petit bruit de l’eau dans le silence, pas un oiseau sur son bord. Je regardai furtivement derrière moi. Personne, seule la silhouette claire de l’église Notre-Dame-du-Sablon. Au fond du square, là où l’obscurité était la plus noire, les statues des grands humanistes, éclairées par des projecteurs dans leurs niches de verdure, se détachaient sur les feuilles, pâles, fantomatiques.

 

Je pris l’allée de gauche et passai ainsi devant chaque statue. Je les regardai toutes : Philippe Marnix de Sainte Aldegonde, homme d’Etat, Abraham Ortélius, cartographe, Gérard Mercator, mathématicien, sorte de clone de Léonard de Vinci, avec son long manteau, sa barbe et son chapeau plat, présentant un globe et un compas, Rombaud Dodonée, botaniste, tenant un herbier et des fleurs, Corneille Floris de Vriendt, architecte, Guillaume le Taciturne, prince d’Orange, la moue silencieuse au-dessus de sa fraise. La présence de ces grandes figures mortes mais bienveillantes me fit du bien. Arrivé au bout de la rangée en arc de cercle, n’ayant rien remarqué de particulier, je refis le chemin dans l’autre sens. Je repassai devant chacun d’eux. Soudain je m’arrêtai devant Bernard Van Orley, peintre de la Renaissance. Le bonhomme était majestueux : la main sur la hanche, la tunique à larges plis, les chausses, et les souliers évasés à la mode de son temps, en pattes d’ours, le visage vivant, sensuel, conquérant. Un grand chapeau, fendu devant, recouvrait ses cheveux bouclés. Il lui manquait l’index de la main droite. Je m’approchai. Quelqu’un, sur la lèvre supérieure, lui avait dessinée une grande moustache à la craie bleue !

 

Plaisanterie de potache ? Le dessin était frais, puisqu’il avait plu jusque dans la soirée. J’étudiai le reste de la statue. Je tournai autour. C’est là que je vis un paquet plat, caché derrière le socle. Hésitant un peu, je finis par le prendre. Mon nom était écrit dessus. Fiévreux, je regardai autour de moi. Personne. Je déchirai alors le papier kraft et découvris, dans la pénombre, un tableau, ou plutôt ce qui ressemblait à une ébauche de tableau, sur carton, d’environ 25cm sur 20. Difficile de distinguer le sujet dans la nuit. Je remballai mon ébauche et rentrai à l’hôtel à toutes jambes. Pour un collectionneur d’art, la découverte d’une pièce rare, ou aimée, ou longtemps cherchée, est toujours un événement bouleversant. Dans ce cas, l’émoi n’en était pas moindre, même si je n’avais jamais imaginé l’existence de cette pièce. Allongé en travers de mon lit, je contemplai ce petit morceau de carton peint à la gouache, représentant des chevaux qui s’enfuyaient d’une écurie en flammes.

 

C’était bien peint et les trois chevaux semblaient vraiment vivants. Une lumière d’incendie assez réussie nimbait la scène. Mais le plus incroyable était le bristol qui accompagnait l’œuvre. D’une écriture légère et élégante, quelqu’un avait écrit : étude pour un tableau de jeunesse, aujourd’hui disparu, de René Magritte. Années 1914-1915. Je ne dormis pas beaucoup cette nuit-là. Sans que je comprenne vraiment comment, une machine à souvenir s’était mise en marche au fond de moi, et je passai en revue, jusqu’aux premières lueurs de l’aube, les amours enfuies, les œuvres manquées et les rêves inachevés. Lorsque j’arrivai au chapitre des raisons qui m’avaient poussé à devenir collectionneur, négligeant à cause de cela presque tous les autres aspects de ma vie, pour la première fois les choses m’apparurent clairement. Ma mère avait été peintre. Nous avions partagé des heures pendant lesquelles je la regardais travailler dans son atelier, fasciné par la cérémonie des pinceaux et des couleurs. Je l’avais perdue alors que je n’avais que neuf ans. Et depuis, je courais après ce même secret de la création, je courais derrière les pinceaux de ma mère.

Je cherchais à m’approprier ce mystère douloureux et enfui. Le lendemain, alors que je revenais du petit-déjeuner, la même voix au téléphone me donna rendez-vous au café de La Fleur en papier doré. Je n’eus pas le temps d’argumenter, la femme raccrocha aussitôt son message délivré. Je connaissais ce café mythique de la rue des Alexiens qui avait vu défiler tous les surréalistes belges, parmi eux Marcel Mariën, Louis Scutenaire, ELT Mesens et bien entendu, le jeune René Magritte. À deux heures, je redescendis vers le Sablon, puis pris la rue des Alexiens, après la jolie rue de Rollebeek et la place de Dinant. J’arrivai devant « l’Estaminet folklorique ». En devanture un panneau : Ceci n’est pas un musée : on consomme . Je poussai la porte. Cette fois, la femme m’attendait. Je cherchai des yeux quelqu’un, sans savoir qui, une femme qui pourrait correspondre à la voix éthérée qui avait pris possession de ma vie depuis la veille.

Je scrutai à la ronde les tables en bois rustique, les chaises paillées, les bancs, le vieux poêle en fonte devant la cheminée. Partout, aux murs, sur le papier peint crème et crasseux, des gribouillages, dessins, manifestes et autres phrases dus aux illustres clients de l’établissement, dans la première moitié du XXe siècle. Quelques consommateurs discutaient paisiblement dans cette atmosphère sombre et encombrée parmi des déclamations amusantes et bizarres. « Nul ne m’est étranger comme moi-même », « Je certifie que je peux me tromper », ou « Il est naturel de communier scrupuleusement à reculons ». Une silhouette me fit un signe discret immédiatement sur ma droite, derrière la porte. C’était une femme entre deux âges, austère mais séduisante, le teint diaphane, les cheveux blonds très clairs ou peut-être blancs, le visage marqué par de fines rides. Elle était habillée d’un manteau blanc. Je m’immobilisai. Elle me fit signe de m’asseoir en face d’elle.

 

Je m’exécutai, maladroit, m’empêtrant dans les pieds de la chaise. Elle me sourit d’un fin sourire élégant.

–   Vous voulez boire quelque chose ? J’ai pris un thé. Je bredouillai.

–   Oui… Pourquoi pas ? Une bière. Elle leva le bras et héla, toujours très discrètement, un serveur.

–   C’est un endroit où il ne faut pas être pressé. J’espère au moins que vous aurez votre bière aujourd’hui… Elle eut un sourire ineffable. Ayant retrouvé un peu de mon self control, je me lançai.

–   Alors donc, Miranda, c’est vous ?

–   C’est moi.

–   Et ce tableau, ou plutôt cette ébauche ? C’est vraiment un Magritte ?

–   Absolument. Authentifié.

–   C’est extraordinaire !

–   N’est-ce pas ? Ça vous fait plaisir ?

–   Je… je ne sais pas quoi vous dire ! Sans doute… Elle rit.

–   Il s’agit d’une étude pour un tableau que Magritte aurait peint vers la fin de 1914, et le début de 1915. Il avait seize ou dix-sept ans. Il aurait, paraît-il, détruit le tableau à la suite d’une critique désobligeante!

–   Incroyable.

–   Mais comment cette petite gouache est-elle entrée en votre possession ?

–   Un legs de famille.

–   Mais pourquoi moi ?

–   Ah… Pourquoi pas vous, justement ?

–   Mais comment avez-vous su que j’étais à Bruxelles ?

–   Vous êtes connu dans le monde de l’art, Monsieur Breton.

–   Mais qui êtes-vous au juste, Miranda ?

–   C’est un détail qui n’a pas beaucoup d’importance. Disons que je suis membre du GAAP. Je levai les sourcils.

–   Le Groupe pour les Actions et les Attentats Poétiques. Mes yeux s’arrondirent.

–   Vous voulez dire les moustaches bleues, les coups de fil anonymes, les rendez-vous nocturnes ? Ce genre de choses ?

–   C’est à peu près cela, oui. Saviez-vous qu’enfant et même jeune homme, Magritte était, un vrai polisson ? Un sacré énergumène qui en a fait voir, avec ses deux frères, de toutes les couleurs à sa chère mère. On pense que la pauvre femme s’est suicidée en partie à cause de ses fils qui lui faisaient vivre l’enfer. Il y eut un silence.

–   Sa mère s’est suicidée ?

–   Oui, en se jetant dans la Sambre. Il faut dire que son mari la délaissait affreusement et la trompait. Magritte n’a jamais voulu parler de cette mort. Mais si on regarde de près certains tableaux… Le serveur m’apporta mon verre de Leffe. Je la fixai dans les yeux.

–   Mais qui êtes vous vraiment ? Vous m’avez donné votre nom : Miranda Mirror. Anglaise ?

–   Un peu, par mon père ? Belge par ma mère.

–   Mais encore ?

–   Disons que j’ai bien connu la vôtre. Je m’arrêtai de respirer.

–   Votre mère. Agathe. Je failli m’étrangler avec ma bière et toussai longuement. Une fois remis, je ne pus m’empêcher de poser ma main sur la sienne. Elle était gantée de blanc et se rétracta légèrement sous mes doigts.

–   Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

–   Oh, simplement la vraie. J’ai fait mes études aux Beaux Arts de Paris, avec elle. C’était au début des années soixante. Je la regardai, éberlué. Elle ajouta :

–   Nous nous sommes croisés, vous et moi, par la suite, mais vous n’aviez que trois ou quatre ans.

Elle pouffa légèrement.

–   Je ne m’attendais pas à ce que vous vous en souveniez. Mais parlons de vous. Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi vous étiez devenu collectionneur ?

–  Non… Enfin, si, bien sûr…

–   Simple question. Elle regarda sa montre.

–   Je vais devoir vous laisser Monsieur Breton. Elle se levait déjà.

–   J’espère que vous ne nous en voudrez pas de notre action. La signification de nos interventions exige parfois du temps pour être clairement lisible. Je me levai à mon tour.

–   Je ne sais pas quoi vous dire. Je vous remercie, même si je ne suis pas sûr que cette gouache me revienne de droit. Est-ce légal ? Est-ce juste ? Vous m’avez mis dans une drôle de situation !

–   Je prends cela comme des remerciements.

Elle me tendit sa main gantée. La lumière de la fenêtre à petits carreaux tomba sur son visage. Je vis qu’il était beau et finement ridé, la peau comme un parchemin fragile, le teint décoloré, les yeux bleu pâle. Ses cheveux blancs, et fins tombaient tout droits, encadrant son visage d’une sorte de lumière triste. Je pris ses doigts. Elle les retira très vite et tourna les talons. Elle ouvrit la porte sur laquelle étaient accrochés des dessins originaux de Magritte pour « Les Chants de Maldoror ». Puis elle disparut. Ma journée était libre, je n’avais un rendez-vous que le lendemain. Je décidai de marcher dans la ville pour tenter d’assimiler les évènements qui par une magie toute particulière, m’apparaissaient nimbés d’une logique absolue, en même temps que totalement dénués de sens. Le col relevé et les mains dans les poches, je pris la rue de l’Etuve jusqu’à la Grand-Place que je traversais, presque insensible à sa splendeur, puis la Bourse, le boulevard Anspach et la place de Brouckère. Son charme d’autrefois semblait avoir totalement disparu.

 

J’allai à grandes enjambées jusqu’à la place du Béguinage, où des réfugiés Afghans jouaient au ballon devant l’église. Je redescendis par la place Sainte Catherine, la Bourse et me retrouvai dans les Galeries Royales. Je les arpentai dans un sens, puis dans l’autre, passant et repassant devant les vitrines des chocolatiers, éternellement étonné qu’une seule ville puisse en produire autant. Je m’arrêtai devant une petite bijouterie ethnique. Dans la vitrine une bague en or à intaille de turquoise attira mon attention. Je m’approchai. On aurait dit le dessin d’un cheval ailé gravé dans la pierre dure. Je poussai la porte, sans raison, et me renseignai. Le bijoutier m’expliqua qu’il s’agissait d’une bague iranienne ancienne et me dit que le cheval, en réalité, ne s’envolait pas, mais tentait d’échapper à un incendie. Il me tendit une loupe. En effet, le cheval cabré s’enfuyait devant des flammes. Sans même prendre la peine d’écouter ses explications à propos d’une très ancienne légende, je sortis ma carte bancaire et payai le bijou sans même l’avoir essayé.

 

Puis, je repris mon errance jusqu’au soir, repassant rue des Aléxiens, place de la chapelle et finalement rue Haute, que je descendis jusqu’à la porte de Hal. Une fine pluie s’était mise à tomber. Je regardai les boutiques et coiffeurs africains du bas de la rue. Puis je repris le boulevard de Waterloo dans des bourrasques de vent et regagnai mon hôtel. Epuisé, je commandai un dîner au room service et mangeai en silence devant mes deux trésors posés sur mon lit : la gouache de Magritte, le méchant garçon qui avait fait mourir sa mère, et la mystérieuse bague dont je ne savais quelle femme, quelle mère l’avait autrefois, il y avait des siècles, peut-être, portée. Une fois encore, tout m’apparu comme totalement dénué de sens mais porteur aussi d’une logique effarante. Cette nuit-là je fis des cauchemars. Le lendemain, j’allai, imperturbable, à mes rendez-vous d’affaires.

 

Puis, en fin de journée, je me rendis rue du Bailli, sur la place de la Sainte-Trinité, dans un salon de thé que j’affectionnais. Je commandai un Sencha Ashikubo que je dégustai lentement, les yeux fixés sur une de ces poupées Kokeshi traditionnelle, originaire du nord du Japon. Celle-ci était en bois sombre, incrusté de nacre. Son visage très pur me dévisageait, silencieux et hermétique. Le jour suivant je repris le Thalys pour Paris. J’avais contre moi, sous mon manteau, la mystérieuse petite gouache emballée dans du papier que j’emportais clandestinement, et la bague antédiluvienne qui racontait une légende ancienne oubliée de tous. Et les deux objets racontaient, à des siècles d’intervalle, la même histoire. Assis dans le train, je pensai, qu’une fois rentré chez moi, je téléphonerais à mon père. Nous ne nous étions pas parlé depuis un certain temps. Je lui demanderai s’il connaissait le GAAP. S’il se souvenait d’une certaine Miranda Mirror. S’il pensait que j’avais tué ma mère. Et si, d’après lui, les chevaux qui échappent à un incendie, parviennent à oublier le traumatisme.

Il me regarderait sans doute en secouant la tête, comme autrefois. Comme toujours, il se demanderait, comment son fils pouvait bien s’inventer toutes ces histoires, exactement comme lorsqu’il était enfant.

 

J’aimerais remercier Patrice Arnaud, Directeur Général du Sofitel Le Louise à Bruxelles (et Area General Manager Sofitel Belgium and Luxembourg), pour son merveilleux accueil, ainsi que Catherine Enjolet et Denis Labayle qui ont rendu mon séjour possible. Je remercie aussi Michel Draguet, Directeur Général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, créateur du Musée Magritte à Bruxelles, et auteur d’une excellente biographie de René Magritte (Folio Biographie, 2014), dans laquelle j’ai glané certains éléments de cette nouvelle.