Zoom sur

Rêverie à Sopot

Par Carole MARTINEZ Sofitel Grand Sopot

L’auteur

 

Hors saison, face à la mer Baltique, l’auteur contemple depuis le balcon de sa chambre l’immense bande de sable blanc qui trace une courbe et borde les villes de Gdansk, de Sopot et de Gdénia, il est dans ce fameux « couloir de Dandzig » entre mer et forêt, et, carnet en main sur son perchoir, il prétend entendre et retranscrire les paroles et les pensées des quelques habitants de la plage, en faire les personnages d’une nouvelle inspirée par ce paysage.
Un homme erre au bord de l’eau ; un enfant s’élance vers la mer ; une jeune femme, recroquevillée dans son manteau rouge, est assise sur le sable ; un adolescent au crane rasé tourne autour d’un vélo accroché à la grille qui cercle le jardin du palace où le romancier est logé le temps d’écrire son texte et, juste sous la fenêtre de sa chambre, un élégant trentenaire vient de sortir sur la terrasse pour fumer une cigarette. Comme l’auteur, il regarde la mer, l’enfant, la plage, la promenade, les grilles et le jardin en contre-bas.

Tout en observant le monde alentour, l’auteur tente de surprendre sa propre pensée et c’est comme s’il s’écoutait respirer. Sa pensée se fige, se ralentit pour se soumettre au rythme de la  prise de note, elle se contraint, s’organise, se sent surveillée.

Souffle et pensée ne sont jamais si libres et si vivants que quand ils s’ignorent.

L’auteur écrit que toute écriture est une construction.

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